vendredi 6 septembre 2013

Le Tatouage Vintage




L’arrivée du tatouage en Europe porte la raison de la vision négative de ses débuts.



Il existe peu de recherches aujourd’hui sur l’origine des tatouages mais il est cependant important d’y prêter attention. En effet,  la pratique du tatouage varie énormément selon les lieux  et les époques, de même que son acception sociale. Le tatouage a connu une grande évolution au cours du temps. En effet en dehors des techniques qui se sont perfectionnées, son utilité a aussi varié. Avant il servait notamment à soigner grâce à ses vertus thérapeutique, à honorer des divinités, à instaurer une hiérarchie en fonction des classes sociales, à punir des criminels...  Aujourd'hui le tatouage est assimilé à un phénomène de mode et non plus à une pratique de marginaux. On peut le voir d'abord par la prolifération des studios de tatouage, autant dans les grandes villes que dans les villages de campagne, mais aussi par leur présence de plus en plus fréquente sur le corps des célébrités qui les portent de manière ostentatoire.





Un indigène au corps complètement tatoué a été ramené par William Dampier en 1691 et exhibé dans toute la société londonienne. Le tatouage vient d’arriver en Europe. La société se passionne par ces ornements et ramène d’autres indigènes par bateaux de commerces, dont on invente l’histoire pour rendre le spectacle plus intéressant. La fiction de la violence accrédite la valeur des tatouages et justifie les ornements fait sur des européens. Mais le tatouage se retrouve une fois encore doté d’une réputation sulfureuse et il est mis en récit comme la conséquence d’une contrainte physique et d’une action perverse des primitifs. Ainsi on peut comprendre qu’à l’époque, en plus de la pression religieuse qui le récusait, le tatouage ait pu être perçu comme un signe négatif, de violence et de barbarie. Faire du tatouage un spectacle et cela a été le cas durant de nombreuses années pendant lesquelles on trouvait jusqu’en 1930 des hommes gagnant leur vie dans des cirques et des foires après s’être fait presque entièrement tatoués, enfermés dans une image de marginalité et de perversion. Certains scientifiques en dénoncent un caractère sadomasochiste et même une preuve de l’homosexualité !

La raison de la présence de tatouages sur les marins est relativement évidente, leurs contacts réguliers avec d’autres populations à travers le monde et des cultures différentes font du tatouage un signe de référence. En Angleterre au début du XXème siècle, 90 % des marins de la Royal Navy étaient tatoués. Le tatouage chez les marins peut être assimilé à un rituel, l’éloignement crée le besoin de renouer avec un lien de communauté et cette tradition maritime tient aussi du fait que des tatoueurs fameux se sont installés dans les ports conscients de la clientèle potentielle. Les tatouages des marins ou encore des détenus étaient alors effectués sans dermographes et donc se faisaient de manière très douloureuse, mais la résistance à la douleur avait alors une valeur de l’affirmation de la virilité des hommes qui se faisaient tatouer. Des noms et des initiales féminines sont alors représentés sur les corps de ceux qui ne voient pas leur famille ou leur amante, d’où l’expression « avoir quelqu’un dans la peau » .
Cette image des femmes se retrouve évidemment beaucoup aussi dans les prisons. Le corps devient mémoire et revendication d’exister malgré l’enfermement. Le tatouage se fait avec des moyens de fortune et doit être caché car sa pratique y est interdite, ce qui la rend plus populaire, comme le dernier morceau de liberté. La forte dimension symbolique de la marque corporelle attire forcément ceux qui sont privés de liberté et ne peuvent plus que la regretter. La dignité est revendiquée contre le règlement et c’est une façon pour ces hommes de conserver une part de libre arbitre, du moins sur eux-mêmes et aussi de prouver aux autres leur courage et donc d’éviter parfois les ennuis.
Ainsi comme on parlait de la marque d’infamie sur les prostituées dans les siècles précédents, à cette époque le tatouage revient sur celles-ci, en plus ou moins volontaire. En effet, les prostituées, stigmatisées, s’approprient aussi le tatouage en signe de dignité et de liberté, de plus la fréquentation des marins, criminels, où soldats influe sur les femmes qui les prennent en exemple. Par contre à la différence des hommes les prostituées ne voient pas toujours le caractère indélébile de la marque. Et il arrive souvent que ce soit les proxénètes qui les fassent tatouer comme preuve qu’elles leur appartiennent.

Le saviez-vous ? Les premiers tatouages figuratifs ont étés retrouvés dans la Vallée de Pazyryk, en  Sibérie. Ces tatouages, présents sur plusieurs momies, datent de l’âge de fer, vraisemblablement de 500 avant J.-C. Ils représentent des animaux réels (cerfs, chèvres, poissons…) ou imaginaires (monstres ressemblants à des griffons, quatre boucs ne formant qu’un seul animal…). Les tatouages présents sur les momies de Pazyryk étaient d’autant plus innovants qu’ils étaient réservés aux personnes de classe sociales élevées : les chefs et les nobles.

Vintage Tatoos


Vintage Tatoos

Source : www.kustomtattoo.com

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